Épisode 45 ~ Dédramatiser l'architecture avec Camille Lefebvre
Dans cet épisode, Guillaume et Maude parlent avec Camille Lefebvre, architecte et doctorante en cotutelle à l’UQAM et à l’ENSA-Versailles. De retour au doctorat après des années depratique, notamment au Japon, Camille nous partage ses réflexions sur les différents points de frictions dans la pratique de l’architecture.
Face aux multiples rigidités — politiques, juridiques ou économiques — de cette pratique, elle invite à repenser la manière de faire les projets et à réenchanter ce que peut être l’architecture au Québec (ou ailleurs !). De son point de vue, ce réenchantement passe notamment par une « édramatisationde l’architecture », c’est-à-dire retrouver la capacité de prendre des risques, d’expérimenter, plutôt que derester figé dans une culture de la judiciarisation. Pour s’engager dans cette voie, le Québec pourrait s’inspirer de la France, où les projets prennent parfois une forme unpeu plus « indisciplinée », un peu moins lisse. Redéfinir l’excellence, donner plus de place à l’expérimentation, fluidifier la conduite des projets, et surtout, leur trouver des assises politiques sont des avenues souhaitables pour le devenir de l’habitat.
L’habitat collectif est au cœur de la réflexion de Camille, qui s’y intéresse notamment par ses intérieurs. À l’heure actuelle, le multi-logement est une typologie de plus en plus répandue au Québec, et la proposition est souvent peu intéressante : plafond bas, petites chambres, disparition de la salle à manger au profit d’un ilot dans la cuisine (pratique pour recevoir, moins au quotidien). Ces logements, produits à la tonne, sont peu adaptables et modulables — puisque tout a été décidé en amont : la causeuse va à cet endroit, le lit là, et aucun autre scénario n’est envisageable. Or, cette typologie semble, pour l’heure, peu intéresser les architectes alors qu’il y aurait tout un travail à faire pour améliorer ces espaces et les rendre plus habitables, pour qu’ils s’adaptent aux différentes étapes de la vie et qu’ils puissent être modulables pour chaque ménage qui s’y installe.
La pratique de Camille est centrée sur la matérialité : le dessin, l’expérience du voyage, la maquette, le texte. Pour elle, il existe quelques écueils à travailler uniquement avec les outils numériques qui opèrent une mise à distance et rendent plus difficile la saisie d’un projet comme un tout.
Cet épisode est un plaidoyer pour l’habitabilité des logements, et notamment des logements collectifs, et s’il n’est pas une feuille de route à proprement parler, il identifie tout de même quelques pistes d’action et prises pour yparvenir !
Face aux multiples rigidités — politiques, juridiques ou économiques — de cette pratique, elle invite à repenser la manière de faire les projets et à réenchanter ce que peut être l’architecture au Québec (ou ailleurs !). De son point de vue, ce réenchantement passe notamment par une « édramatisationde l’architecture », c’est-à-dire retrouver la capacité de prendre des risques, d’expérimenter, plutôt que derester figé dans une culture de la judiciarisation. Pour s’engager dans cette voie, le Québec pourrait s’inspirer de la France, où les projets prennent parfois une forme unpeu plus « indisciplinée », un peu moins lisse. Redéfinir l’excellence, donner plus de place à l’expérimentation, fluidifier la conduite des projets, et surtout, leur trouver des assises politiques sont des avenues souhaitables pour le devenir de l’habitat.
L’habitat collectif est au cœur de la réflexion de Camille, qui s’y intéresse notamment par ses intérieurs. À l’heure actuelle, le multi-logement est une typologie de plus en plus répandue au Québec, et la proposition est souvent peu intéressante : plafond bas, petites chambres, disparition de la salle à manger au profit d’un ilot dans la cuisine (pratique pour recevoir, moins au quotidien). Ces logements, produits à la tonne, sont peu adaptables et modulables — puisque tout a été décidé en amont : la causeuse va à cet endroit, le lit là, et aucun autre scénario n’est envisageable. Or, cette typologie semble, pour l’heure, peu intéresser les architectes alors qu’il y aurait tout un travail à faire pour améliorer ces espaces et les rendre plus habitables, pour qu’ils s’adaptent aux différentes étapes de la vie et qu’ils puissent être modulables pour chaque ménage qui s’y installe.
La pratique de Camille est centrée sur la matérialité : le dessin, l’expérience du voyage, la maquette, le texte. Pour elle, il existe quelques écueils à travailler uniquement avec les outils numériques qui opèrent une mise à distance et rendent plus difficile la saisie d’un projet comme un tout.
Cet épisode est un plaidoyer pour l’habitabilité des logements, et notamment des logements collectifs, et s’il n’est pas une feuille de route à proprement parler, il identifie tout de même quelques pistes d’action et prises pour yparvenir !

