Sat 17 Jan 2026
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Cadre bâti

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Cadre bâti


Dans cet épisode enregistré dans la fébrilité du pré-temps des fêtes (ça se sent…), la cinéaste et documentariste Nadine Gomez raconte sa mythologie personnelle par fragments, comme un cumul de rencontres. Son parcours débute avec un premier documentaire collectif sur les raves, marqué par la rencontre de Mistress Barbara, figure emblématique de la culture urbaine montréalaise. Elle vit ensuite à Londres, avant d ’entreprendre un baccalauréat en journalisme. Sa mère a grandi à Schefferville. Son père est originaire de Mexico. Leur histoire commence à Acapulco, histoire de commencer à lier des lieux disjoints.
Très tôt, elle développe un rapport au déplacement, à l’errance. Elle bumme, fait des pèlerinages alimentaires : aller manger loin, comme une aventure en soi. Se rendre aux Galeries Concordia pour un pad thaï, prendre le train versBrossard en écoutant Snoop Dogg, ou simplement regarder les passants, le temps d’une bière sur Saint-Laurent. Elle enregistre déjà.
Chronique d’une ville naît de la mise en dialogue entre ses expériences documentaires précédentes et d’un désir de donner forme aux questionnements que la ville fait émerger dans sa pratique. Son parcours débute notamment avec undocumentaire tourné à Griffintown, Le Horse Palace (2012), réalisé dans la veine du cinéma direct, mêlant entrevues et archives. Il se poursuit avec Métro (2015), un film fondé sur une observation silencieuse de l’architecture, puisavec un projet réalisé en Grèce, Exarcheia, le chant des oiseaux (2018), dans lequel elle s’est engagée dans une démarche consistant à provoquer du mouvement, travailler la rencontre et explorer différentes manières d’aborderle réel à l’aide des outils du cinéma. Ce qui traverse entre autres les œuvres de Nadine, c’est cette sensibilité à la sociabilité dans l’espace public : le désir et la nécessité d’être ensemble.  


Son plus récent documentaire –Chronique d’une ville - prend appui sur des sensations, ainsi que sur une recherche de dispositifs formels et narratifs au sein du langage documentaire. En résulte un film qui prend des chemins à la fois onirique et narratif pour raconter la ville, au fil de ses rythmes, frottements, moments de rencontre.
Nadine s’intéresse à l’idée de déboulonner l’objectivité en journalisme, Pour elle, il faut assumer la subjectivité du regard, la reconnaître et se rendre responsable vis-à-vis des images et récits créés. En assumant sa subjectivité et ses choix de cadrage, elle cherche à rejoindre le public sans le tromper etproduire des représentations dans lesquelles celui-ci peut se reconnaître. Et ça marche !