NEOQUÉBEC-RADIO : ERIC IDRISS-KANAGO, PRODUCTEUR FILMS CINEMA ET TELE - FONDATEUR YZANAKIO PRODUCTIONS
Éric Idriss Kanago, producteur indépendant afrodescendant établi au Québec, revient sur un parcours transatlantique (République centrafricaine → région de Bretagne (france) → Afrique de l’Ouest → Montréal) marqué par une obsession : faire exister des œuvres et permettre à des récits rarement portés à l’écran de trouver leurs conditions de production et de diffusion.
Enfant à Rennes, il se découvre d’abord « différent » dans une France des années 1970 où les personnes noires sont quasi absentes des représentations. Très tôt, il aime raconter des histoires, au point de réinventer les films qu’il vient de voir avec ses sœurs. Cette pulsion narrative devient plus tard une boussole professionnelle : il ne veut pas « attendre que le téléphone sonne » (comme il l’associe au métier de comédien, surtout à une époque où les rôles proposés aux afrodescendants sont stéréotypés). Il choisit donc d’être du côté de celles et ceux qui décident : la production.
Pour Eric Idriss-Kanago, le producteur n’est pas seulement « celui qui a l’argent ». C’est une fonction de jonction entre l’artistique et l’économique : garantir la bonne fin, réunir financements, moyens matériels et humains, accompagner étroitement le ou la cinéaste, et transformer une vision en film. Il raconte un apprentissage fondateur auprès d’Ousmane Sembène : parti tout en bas de l’échelle, il gagne progressivement en responsabilités, jusqu’à gérer des fonctions de régie — une reconnaissance qui lui ouvre ensuite des portes sur plusieurs productions africaines.
Son arrivée au Québec relève d’un « bel accident » : après une période difficile (burn-out/dépression, selon les regards), Montréal devient un coup de foudre et un projet familial. L’installation est pourtant rude sur le plan professionnel ; il retourne aux études à HEC Montréal pour comprendre les codes du « business » nord-américain, et y structure le plan d’affaires de sa société, Yzanakio, fondée en 2018 ( http://www.yzanakio.com ).
Il cofonde aussi Black on Black Films, afin de renforcer la présence afrodescendante devant et derrière la caméra, condition clé d’une représentation juste. Sur la diffusion, il constate des refus persistants et des biais (« les Québécois vont-ils se reconnaître ? »), tout en menant ce combat comme une défense du Québec à l’international. Enfin, il affirme voir une relève de producteurs afrodescendants, à condition qu’on lui fasse confiance, qu’on la forme, et qu’on lui ouvre réellement les réseaux.
Addendum :
Eric Idriss-Kanago sera le récipiendaire de l\'Hommage - Grand Prix Dynastie pour le cinéma (cérémonie le 11 avril prochain)
(c) CYEK-LE PODCAST (Mars 26)
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Enfant à Rennes, il se découvre d’abord « différent » dans une France des années 1970 où les personnes noires sont quasi absentes des représentations. Très tôt, il aime raconter des histoires, au point de réinventer les films qu’il vient de voir avec ses sœurs. Cette pulsion narrative devient plus tard une boussole professionnelle : il ne veut pas « attendre que le téléphone sonne » (comme il l’associe au métier de comédien, surtout à une époque où les rôles proposés aux afrodescendants sont stéréotypés). Il choisit donc d’être du côté de celles et ceux qui décident : la production.
Pour Eric Idriss-Kanago, le producteur n’est pas seulement « celui qui a l’argent ». C’est une fonction de jonction entre l’artistique et l’économique : garantir la bonne fin, réunir financements, moyens matériels et humains, accompagner étroitement le ou la cinéaste, et transformer une vision en film. Il raconte un apprentissage fondateur auprès d’Ousmane Sembène : parti tout en bas de l’échelle, il gagne progressivement en responsabilités, jusqu’à gérer des fonctions de régie — une reconnaissance qui lui ouvre ensuite des portes sur plusieurs productions africaines.
Son arrivée au Québec relève d’un « bel accident » : après une période difficile (burn-out/dépression, selon les regards), Montréal devient un coup de foudre et un projet familial. L’installation est pourtant rude sur le plan professionnel ; il retourne aux études à HEC Montréal pour comprendre les codes du « business » nord-américain, et y structure le plan d’affaires de sa société, Yzanakio, fondée en 2018 ( http://www.yzanakio.com ).
Il cofonde aussi Black on Black Films, afin de renforcer la présence afrodescendante devant et derrière la caméra, condition clé d’une représentation juste. Sur la diffusion, il constate des refus persistants et des biais (« les Québécois vont-ils se reconnaître ? »), tout en menant ce combat comme une défense du Québec à l’international. Enfin, il affirme voir une relève de producteurs afrodescendants, à condition qu’on lui fasse confiance, qu’on la forme, et qu’on lui ouvre réellement les réseaux.
Addendum :
Eric Idriss-Kanago sera le récipiendaire de l\'Hommage - Grand Prix Dynastie pour le cinéma (cérémonie le 11 avril prochain)
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