Mon 30 Mar 2026
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À quelques jours du 10e Gala Dynastie, CARLA BEAUVAIS livre à Cyrille Ekwalla une entrevue à la fois lucide, émotive et profondément significative. Elle y clarifie d’abord le sens du thème « la fin d’une ère » : il ne s’agit pas d’un simple effet d’annonce, mais bien de la fin du Gala Dynastie tel qu’on l’a connu. Cette ultime édition abandonne d’ailleurs la formule habituelle fondée sur les mises en candidature et la compétition classique, pour privilégier des hommages choisis afin de mettre en lumière des figures majeures, parfois restées dans l’ombre. Pour la Fondation Dynastie, il s’agit de tourner la page avec sens, en célébrant celles et ceux qu’elle juge essentiels dans les milieux culturels, artistiques et médiatiques noirs du Québec.
Carla Beauvais revient aussi sur l’origine du gala. Né en 2016, dans un contexte marqué par les débats sur la sous-représentation et par le discours voulant que les talents noirs soient difficiles à repérer, le Gala Dynastie a été conçu comme une réponse concrète : au lieu de quémander une place, il fallait créer un espace de reconnaissance, de visibilité et de légitimité. Très vite, l’événement a dépassé sa fonction symbolique. Il est devenu une plateforme capable de valoriser des artistes et artisans rarement célébrés, mais aussi de faire bouger l’industrie, en montrant que les talents étaient là, nombreux, solides, et prêts à être vus autrement.
Mais l’entrevue est aussi marquée par une vérité plus dure : après dix ans, la formule est devenue trop lourde à porter. Carla Beauvais explique que le financement, public comme privé, n’a jamais réellement suivi l’ampleur, l’exigence et la qualité du gala. Derrière le prestige, il y avait une fatigue réelle, celle de devoir recommencer presque à zéro chaque année. Malgré cela, elle dresse un bilan fort : le Gala Dynastie a changé la conversation, influencé les institutions, créé des ponts, ouvert des opportunités et prouvé que l’excellence noire au Québec ne relevait ni du folklore ni du “communautaire”, mais d’un apport central à la culture québécoise. Si la forme actuelle s’arrête, l’esprit, lui, appelle déjà une suite.
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