Wed 28 Jan 2026
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NEOQUÉBEC

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Dans cette entrevue menée par Cyrille Ekwalla pour NeoQuébec, Émilie LAGUERRE, Directrice générale *Diversité et inclusion* à Radio-Canada, précise d’abord la nature de sa fonction. Le terme « mobilisation », parfois associé à son titre, renvoie à une réalité organisationnelle : dans une entreprise d’environ 3000 employé·e·s côté francophone, l’inclusion ne peut pas être un simple principe; elle exige que l’ensemble des secteurs s’engagent et transforment leurs pratiques.
Laguerre rattache ensuite son rôle au mandat de **service public** du diffuseur : informer, divertir, mais surtout \"représenter le Canada francophone d’aujourd’hui\", dont le portrait a profondément changé. Elle insiste sur la nécessité de refléter davantage les communautés francophones hors Québec, les personnes issues de l’immigration, les personnes en situation de handicap, les peuples autochtones, les communautés LGBTQIA+, et d’autres groupes historiquement sous-représentés. L’objectif n’est pas de « cocher des cases », mais de soutenir une représentation plus \"complète, authentique et durable\", sur tous les supports (radio, télé, info, web).
À la question du choix d’accepter ce poste, elle reconnaît les tensions contemporaines autour de l’EDI, mais explique que son parcours (anthropologie, communications) et son expérience personnelle d’un manque de représentation l’ont convaincue. Elle présente l’EDI comme un \"marathon\", fait de changements de culture, plutôt qu’un sprint mesurable par un “retour sur investissement”. Sa première priorité a été de s’entourer, de préserver la santé mentale, et de créer des alliés internes.
Sur la question des « cibles » ou « quotas », elle nuance : les chiffres peuvent guider (notamment via l’auto-identification et la notion de main-d’œuvre disponible), mais le vrai levier est l’ \"engagement\" et la compréhension du “pourquoi” et de l’impact, sans perception de contrainte artificielle. Elle souligne aussi les différences régionales (Montréal vs autres villes) et l’existence de barrières systémiques (recrutement, mobilité, promotions).
Concernant l’information, elle est claire : son équipe \"n’a pas de regard sur le contenu journalistique\", la salle de nouvelles demeurant indépendante. En revanche, le service agit en amont par la formation et la sensibilisation (ex. “atelier des couvertures” sur les réalités autochtones) et comme service-conseil lorsqu’une situation soulève des incompréhensions.
Dans le bilan, Emilie Laguerre met en avant des progrès visibles en ondes et sur les plateformes, citant notamment la saison 3 de \" Lakay Nou\" (sur Tou.TV dès le 22 janvier), ainsi qu’un catalogue croissant de documentaires et de séries, dont \"Grimelles\" (à venir), \"Jumelles\" (fiction jeunesse) et \"Cœur de motard\" (documentaire). Elle revendique une approche de “main tendue” - dire les choses avec diplomatie, sans infantiliser - et affirme que la diversité dans les instances décisionnelles aide, à condition de miser sur les \"compétences\" et la valeur ajoutée, pour éviter le soupçon de “tokenisme”.
Ce dont elle se dit la plus fière : l’ \"adhésion interne\", la confiance des équipes, et surtout les réactions du public quand des personnes se reconnaissent enfin à l’écran. Elle conclut sur un vœu de \"santé\", de \"douceur\" et de \"solidarité communautaire\" dans un contexte social exigeant.
(c) CYEK-LE PODCAST (Janv. 2026)

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