Wed 18 Feb 2026
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NEOQUÉBEC

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Cyrille Ekwalla reçoit le professeur Prévost Jantchou, gastro-entérologue pédiatrique au CHU Sainte-Justine, clinicien-chercheur spécialisé notamment dans les maladies inflammatoires de l’intestin, et engagé aussi dans des projets de suivi numérique et d’intelligence artificielle. L’échange s’inscrit dans le contexte du 15 février, Journée mondiale du cancer de l’enfant, et vise à mieux comprendre ce qui distingue les cancers pédiatriques, leurs causes, la prise en charge et les enjeux de sensibilisation.
D’entrée de jeu, le médecin explique que le cancer de l’enfant n’est pas le cancer de l’adulte : “un enfant n’est pas un mini-adulte”. Même si les cancers pédiatriques sont rares (environ 1 % de l’ensemble des cancers à l’échelle mondiale), ils représentent tout de même des centaines de milliers de cas. La différence centrale tient aux mécanismes : chez l’adulte, de nombreux cancers sont fortement liés à des facteurs environnementaux (tabac, alcool, etc.), alors que chez l’enfant, les causes sont davantage associées à l’embryogenèse et à la génétique. Certaines conditions, comme la trisomie 21, augmentent nettement le risque. Les recherches tentent de comprendre pourquoi un très jeune enfant développe un cancer, mais on n’identifie pas de facteurs aussi puissants que ceux observés chez l’adulte.
La discussion porte ensuite sur la prise en charge plutôt que sur un dépistage de masse, jugé peu bénéfique. Dans des pays comme le Canada, le diagnostic peut être posé rapidement, avec une prise en charge parfois dans les 24 heures, ce qui améliore le pronostic et réduit le risque de métastases, fréquentes dans certains cancers. L’invité décrit aussi des signes d’alerte : fatigue inhabituelle, maux de tête (tumeurs du système nerveux central), douleurs osseuses ou thoraciques, saignements (notamment dans les leucémies).
Sur l’état de la recherche, Dr. Prévost Jantchou rappelle qu’au Canada environ 1 000 enfants de moins de 15 ans reçoivent un diagnostic chaque année, et que environ 80 % obtiennent une survie à 5 ans. Les traitements sont largement protocolisés et souvent intégrés à des essais cliniques très encadrés (comités d’éthique, surveillance de sécurité). Les grandes avancées récentes concernent l’immunothérapie et les approches ciblées, plus personnalisées grâce à l’analyse génétique des cellules tumorales.
Il est aussi question des inégalités mondiales : dans des régions moins dotées en ressources (certaines zones d’Afrique, d’Amérique latine), la mortalité est plus élevée, et la sous-déclaration complique le suivi. L’importance des registres et des centres de référence est soulignée. Enfin, l’invité évoque l’après-cancer : on parle de guérison après 5 ans sans rechute et du “droit à l’oubli”, tout en insistant sur le suivi à long terme (croissance, fertilité, complications cardiaques possibles).
En conclusion, l\'invité juge que les journées de sensibilisation risquent d’être banalisées si le message ne se poursuit pas toute l’année, et il présente son projet Quizz Santé, une plateforme de vulgarisation (capsules et quiz) pour étudiants, professionnels et grand public, afin d’outiller les patients et promouvoir des informations fiables.
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