

Jean Le Bouthillier : la souveraineté passe aussi par les données
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Alors que le Canada investit dans des modèles d’intelligence artificielle et des infrastructures informatiques souveraines, un troisième élément devient incontournable : la protection des données utilisées par ces systèmes. Jean Le Bouthillier, cofondateur et PDG de Qohash, estime que ces trois piliers, modèles, infrastructures et données, doivent avancer ensemble. L’enjeu prend une nouvelle dimension avec les agents IA. Pour être véritablement utiles en entreprise, ils doivent accéder aux documents, serveurs de fichiers, espaces infonuagiques et autres sources internes. Cette capacité peut toutefois leur permettre de repérer et de traiter à très grande vitesse des renseignements sensibles auxquels les utilisateurs ont parfois déjà accès sans même le savoir. Qohash mise sur une architecture dite « sans copie ». Plutôt que de transférer les documents vers une infrastructure externe pour les analyser, son logiciel détecte les données sensibles directement là où elles se trouvent. Selon Jean Le Bouthillier, cette approche réduit notamment les risques liés au transfert d’informations vers des fournisseurs ou des juridictions étrangères. Cette architecture répond également à un enjeu économique. Les solutions qui déplacent et analysent continuellement les données peuvent voir leurs coûts augmenter avec le volume traité. Qohash propose plutôt un modèle permettant de balayer l’ensemble des données afin de repérer la petite proportion de documents qui concentre l’essentiel du risque. Jean Le Bouthillier souhaite maintenant que la protection des données devienne un pilier officiel de la stratégie canadienne en matière d’IA. Selon lui, développer des modèles canadiens et construire des centres de données au pays ne suffit pas si les informations qui alimentent ces systèmes peuvent ensuite être exposées à des tiers étrangers. Son message tient en une idée : l’adoption de l’intelligence artificielle avance à la vitesse de la confiance. Et cette confiance dépendra largement de la capacité des organisations à savoir quelles données leurs IA peuvent consulter et à conserver le contrôle sur celles-ci.
