Thu 29 Jan 2026
Podcast /
Choses à Savoir SANTE

Lien de l'épisode /
Choses à Savoir SANTE


L’alimentation peut jouer un rôle. Pas forcément comme cause unique, mais comme facteur qui peut déclencher, aggraver ou entretenir l’anxiété.
D’abord, il faut comprendre une chose : le cerveau n’est pas “déconnecté” du reste du corps. Il vit dans un environnement biologique. Et cet environnement dépend en partie de l’alimentation. Ce que vous mangez influence l’inflammation, le microbiote intestinal, les hormones, la production de neurotransmetteurs… et donc, indirectement, votre niveau d’anxiété.
Premier point : la qualité globale de l’alimentation. De nombreuses études observent qu’un régime équilibré, riche en fruits, légumes, fibres, poissons et bonnes graisses, est associé à moins de symptômes anxieux. Par exemple, une revue systématique s’intéressant aux liens entre qualité alimentaire et santé mentale chez les étudiants conclut qu’une meilleure qualité de régime est fréquemment associée à une diminution de l’anxiété et du stress.
Deuxième point : le grand suspect moderne, ce sont les aliments ultra-transformés. On parle ici des produits industriels très transformés : snacks, biscuits, sodas, céréales très sucrées, plats préparés, etc. Une revue scientifique publiée en 2022 par Lane et ses collègues montre que la consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un risque plus élevé de symptômes dépressifs et anxieux. Ce n’est pas une preuve absolue de causalité, mais c’est un signal très cohérent, surtout quand on sait que ces aliments sont souvent pauvres en fibres et micronutriments, riches en sucres rapides, en sel, en additifs… et qu’ils favorisent une inflammation chronique légère.
Troisième point : l’axe intestin-cerveau. Ce n’est pas une image : l’intestin communique réellement avec le cerveau. Le microbiote intestinal influence la production de substances qui modulent l’inflammation et le stress. Une alimentation pauvre en fibres et riche en produits ultra-transformés peut déséquilibrer ce microbiote, et ce déséquilibre peut favoriser un terrain anxieux.
Enfin, il y a la question des nutriments. Certaines carences peuvent amplifier l’anxiété : magnésium, vitamines du groupe B, fer, zinc… parce qu’ils participent à la fabrication et à la régulation des neurotransmetteurs comme la sérotonine ou le GABA.
Et sur les interventions ? Il existe quelques données intéressantes. Une méta-analyse publiée dans JAMA Network Open montre que les oméga-3 pourraient réduire les symptômes d’anxiété dans certaines populations, même si les résultats restent hétérogènes.
Conclusion : l’anxiété n’est pas “dans votre tête” au sens moral du terme. Elle a une base biologique, et l’alimentation peut en faire partie. Bien manger ne remplace pas une thérapie ou un traitement quand il le faut. Mais c’est un levier concret, quotidien, souvent sous-estimé… pour apaiser le mental.

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d\'informations.