Pourquoi dit-on que boire un verre de vin par jour est bon pour le cœur ?
L’idée selon laquelle un verre de vin par jour serait bénéfique pour le cœur est profondément ancrée dans l’imaginaire collectif. On parle même depuis les années 1990 du « paradoxe français » : la France présenterait des taux relativement bas de maladies cardiovasculaires malgré une alimentation riche en graisses saturées. Les chercheurs ont alors avancé l’hypothèse que la consommation modérée de vin rouge pouvait jouer un rôle protecteur. Mais cette idée tient-elle vraiment la route scientifiquement ?
Elle vient d’abord d’études observationnelles, notamment la fameuse étude de Renaud et de Lorgeril (1992), qui ont montré une association entre consommation modérée de vin et diminution des risques cardiovasculaires. Le vin rouge contient en effet des polyphénols, dont le resvératrol, réputés pour leurs effets antioxydants et anti-inflammatoires. Ces molécules pourraient améliorer la fonction des vaisseaux sanguins, réduire l’oxydation du « mauvais » cholestérol LDL et limiter la formation de plaques d’athérome.
Cependant, l’ensemble de ces résultats repose principalement sur des observations statistiques : on constate une corrélation, mais cela ne prouve pas que le vin soit la cause directe du bénéfice. De nombreuses recherches plus récentes ont même remis cette interprétation en question.
En 2022, une vaste analyse publiée dans JAMA Network Open regroupant plus de 4 millions de participants a réévalué la relation entre alcool et santé cardiovasculaire. Cette étude montre que les bénéfices apparents observés chez les buveurs « modérés » s’expliquent en grande partie par des facteurs confondants : ces personnes mangent généralement mieux, sont plus actives physiquement et disposent d’un meilleur statut socio-économique que les personnes abstinentes. Une fois ces biais corrigés, le lien protecteur de l’alcool disparaît largement.
Autre résultat clé : même à faibles doses, l’alcool augmente certains risques, notamment l\'hypertension et la fibrillation auriculaire. L’European Society of Cardiology (2023) rappelle d’ailleurs qu’il n’existe pas de seuil totalement sûr concernant la consommation d’alcool.
Alors, pourquoi continue-t-on de dire que le vin est « bon pour le cœur » ? Parce que les premiers travaux ont été très médiatisés, et que l’idée est séduisante : un petit plaisir quotidien qui serait en plus bénéfique à la santé. Mais la science moderne est plus nuancée.
La conclusion actuelle est donc la suivante : ce n’est pas le vin qui protège le cœur, ce sont surtout le mode de vie global et l’alimentation associée. Le resvératrol, lui, peut se trouver dans les raisins, les fruits rouges ou les cacahuètes… sans les effets secondaires de l’alcool.
En résumé : boire modérément n’apporte pas les bénéfices que l’on croyait, et ne pas boire reste toujours l’option la plus sûre pour la santé cardiovasculaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d\'informations.
Elle vient d’abord d’études observationnelles, notamment la fameuse étude de Renaud et de Lorgeril (1992), qui ont montré une association entre consommation modérée de vin et diminution des risques cardiovasculaires. Le vin rouge contient en effet des polyphénols, dont le resvératrol, réputés pour leurs effets antioxydants et anti-inflammatoires. Ces molécules pourraient améliorer la fonction des vaisseaux sanguins, réduire l’oxydation du « mauvais » cholestérol LDL et limiter la formation de plaques d’athérome.
Cependant, l’ensemble de ces résultats repose principalement sur des observations statistiques : on constate une corrélation, mais cela ne prouve pas que le vin soit la cause directe du bénéfice. De nombreuses recherches plus récentes ont même remis cette interprétation en question.
En 2022, une vaste analyse publiée dans JAMA Network Open regroupant plus de 4 millions de participants a réévalué la relation entre alcool et santé cardiovasculaire. Cette étude montre que les bénéfices apparents observés chez les buveurs « modérés » s’expliquent en grande partie par des facteurs confondants : ces personnes mangent généralement mieux, sont plus actives physiquement et disposent d’un meilleur statut socio-économique que les personnes abstinentes. Une fois ces biais corrigés, le lien protecteur de l’alcool disparaît largement.
Autre résultat clé : même à faibles doses, l’alcool augmente certains risques, notamment l\'hypertension et la fibrillation auriculaire. L’European Society of Cardiology (2023) rappelle d’ailleurs qu’il n’existe pas de seuil totalement sûr concernant la consommation d’alcool.
Alors, pourquoi continue-t-on de dire que le vin est « bon pour le cœur » ? Parce que les premiers travaux ont été très médiatisés, et que l’idée est séduisante : un petit plaisir quotidien qui serait en plus bénéfique à la santé. Mais la science moderne est plus nuancée.
La conclusion actuelle est donc la suivante : ce n’est pas le vin qui protège le cœur, ce sont surtout le mode de vie global et l’alimentation associée. Le resvératrol, lui, peut se trouver dans les raisins, les fruits rouges ou les cacahuètes… sans les effets secondaires de l’alcool.
En résumé : boire modérément n’apporte pas les bénéfices que l’on croyait, et ne pas boire reste toujours l’option la plus sûre pour la santé cardiovasculaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d\'informations.

