Les Chroniques du Bois Caïman du 16-08-2026

Les Chroniques du Bois Caïman du 16-08-2026

18 min
Le mal que l'occupant nous a fait. Nous sommes en 1984. Cheikh Anta Diop séjourne au Niger pour une série de conférences. À Niamey, il échange avec son auditoire sur l'histoire africaine, la culture et les conséquences de la colonisation. À un moment, il formule son diagnostic : « Je crois que le mal que l'occupant nous a fait n'est pas encore guéri, voilà le fond du problème. » L'expression est importante. Diop ne parle pas seulement de ce que l'occupant a pris. Il parle de ce qu'il a fait . Et surtout d'une blessure qui continue d'exister après son départ. Pour expliquer son propos, il évoque les effets de l'aliénation culturelle et ces comportements de dépendance qui peuvent persister une fois la domination officielle terminée. L'ancien dominé peut continuer à fonctionner avec des réflexes de subordination . Il peut continuer, selon l'expression employée par Diop, à « penser à travers son maître » .